Logement
Pour comprendre les choix qui peuvent être proposés, il convient d'abord de connaître le parc de logement actuel :
53000 habitants à Cergy sont logés dans environ 23 000 logements, dont
- 21% de logements individuels
- 79% de logements collectifs dont la répartition est
«accession aidée» (Prêts aidés, à taux zéro, reventes de HLM, …) : 26,9%
«accession libre» (Prêts conventionnés ou libres) : 18,8%
«locatif intermédiaire» : 6,9%
«locatif social»: 30,9%
«autres logements» (comprenant les logements étudiants, les résidences
sociales, les foyers et les logements locatifs d’investisseurs): 16,5%
(Source : Direction de l’Habitat et Schéma Social Municipal).
Au-delà de ce classement officiel, il faut retenir que le locatif social représente 42% du parc, et l’accession sociale 27%, soit un total de 69% de logements à vocation sociale.
Pour assurer l'avenir de Cergy dans ce domaine, il nous est de notre point de vue aussi impératif de répondre à quatre questions: pour qui, quels types de logements, combien et comment?
1/ Pour qui? : depuis des années l’équipe socialiste aux affaires rabâchait qu'on construisait pour loger les Cergyssois, essentiellement les jeunes et ne mentionnait même pas les nouveaux arrivants issus du développement économique. Aujourd’hui cette équipe reconnaît que nous accueillons et accueillerons des habitants de communes voisines.
2/ Quels types de logements? L’adéquation à la demande n’est pas démontrée.
3/ Combien et comment?
Les choix politiques en matière de construction de logements annoncés par la majorité socialiste en place:
- d’abord l’annonce dès 2003 par M. le Maire, PS, dans le projet d’agglomération de Cergy-Pontoise (les 12 communes)d’un objectif de 17 000 logements à construire d’ici 2020 dont 9 000 sur la seule ville de Cergy;
- puis tout récemment le projet de Schéma Directeur de la Région Ile de France (SDRIF) présenté par son Président, PS, qui s’inscrit dans une densification urbaine sans précédent: 60 000 logements à construire par an dans la région Ile de France, soit 1,5 millions d’ici 2030 ou encore 6900 logements par an dans le seul Val d’Oise. En outre, les 2/3 seront concentrés sur les 10% des zones déjà urbanisées.
Que de raisons de s’inquiéter, surtout face à l’annonce faite au nom du président de notre agglomération (le Maire de Cergy) à l’atelier territorial SDRIF du 19 juin 2006: «Nous avons la chance de disposer d’un foncier important…mais il nous faut un minimum de contreparties (fréquences RER.A)». Jusqu’où ira cette politique de troc qui ne prévoit aucunement la création de nouvelles infrastructures garantissant une bonne qualité des déplacements, de tous les modes de déplacement?
Face à ces chiffres une question s’impose: cela est-il réaliste, soutenable? Quand on sait que pour le Val d’Oise l’objectif précédent, pourtant moins ambitieux, de 5 700 logements par an n’a - et de loin - pu être réalisé…
Des questions, à l'évidence, se posent:
- l’effort demandé à la ville de Cergy d’accueillir à elle seule plus de la moitié des logements prévus pour l’agglomération est-il supportable et juste?
- ne doit on pas craindre que l’effort demandé dépasse largement pour Cergy l’objectif des 9000 logements lorsque le schéma précité recommande«un effort important de production de logements et de renouvellement urbain...»?
- enfin, quand M. le Maire annonce que la municipalité va faire baisser d’ici 2015 la proportion de logement social à 35% de quoi parle-t-il exactement, et que range-t-il dans cette catégorie? Car la situation actuelle est de 42% de locatif «purement» social, 69% en y incluant l’accession sociale.
NOTRE VISION
Il est effectivement indispensable de construire des logements. Mais:
- cet effort doit être équitable sur la Région Ile de France; toutes les communes doiventréaliser les 20% de logements sociaux;
- un équilibre doit être trouvé au niveau de l’agglomération de Cergy-Pontoise, cela devrait être le rôle du Plan Local d’Habitat, qui reste un mystère… et sur lequel l’ensemble des élus devrait pouvoir travailler et prendre ses responsabilités, en dehors de tout clivage et pour l’intérêt général;
- il faut continuer à construire du logement social. Mais:
. sans omettre de comptabiliser dans les chiffres ce qui relève effectivement du logement social, dans sa globalité… ainsi, par exemple, une partie des accessions aidées sont à y inclure; en effet nombre d’entr'elles font et feront encore l’objet d'opérations de requalification et réhabilitation, telles que les OPAH (Opérations Programmées d'Amélioration de l'Habitat), les plans de sauvegarde et autres rénovations de l'ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine), dont les budgets sont énormes ;
mentionnons au passage que toutes ces opérations sont financées à hauteur de budgets très importants par l'Etat, la Région,... et que nous les poursuivrons, bien entendu.
. en ayant une politique volontariste pour diversifier l’offre… ainsi par exemple, laisser croire que les étudiants puissent majoritairement se loger dans des résidences privées fort onéreuses, c’est prendre le risque de voir les moins fortunés se loger à plusieurs dans des conditions difficiles chez des «marchands de sommeil».
. il faut une politique de logements reposant sur une vision équilibrée du cadre de vie, du développement économique, de l’emploi, de la venue des services indispensables aux habitants, d’actions volontaristes en matière de responsabilisation, de soutien social et éducatif allant de pair avec les rénovations des bâtiments, de lieux de convivialité, etc...
. il ne faut pas construire pour augmenter les recettes de la ville, comme le revendique ouvertement depuis peu l’équipe municipale au pouvoir.
Il en va de l’équilibre de Cergy. Si des risques sont pris, si les équilibres sont rompus, ce sont à n’en pas douter, les Cergyssois les plus fragiles qui en subiront le plus les conséquences. C’est, pour nous, exactement ce qu’il faut éviter.

