Urbanisme
AVEC VIVRE CERGY AUTREMENT, c'est principalement :
. Terminer Cergy le Haut, en concertation véritable avec les habitants sans renier les engagements pris précédemment et arrêter la densification : 60 000 habitants pas plus.
. Respecter et gérer attentivement les espaces naturels et les espaces verts.
. Sauvegarder réellement le caractère traditionnel du village.
. Favoriser l’accès et l’utilisation de la Base de Loisirs pour les Cergyssois.
. Poursuivre les opérations de sécurisation, de rénovation et de l’amélioration de l’habitat.
. Maîtriser l’habitat en matière de construction et d’attribution; la construction de logements sociaux doit être suspendue car ils représentent à ce jour 40 % du parc locatif.
. Entretenir régulièrement les espaces verts (rues, allées, chemins piétonniers …) et assurer au plus près leur propreté.
. Rénover les bâtiments publics dégradés.
. Reprendre progressivement les voies privées ouvertes au public, et non seulement les réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées, en partenariat avec les bailleurs, les associations et les syndicats.
. Engager un plan de lutte contre les nuisances sonores.
. Rendre l’éclairage public fiable et sécurisant.
. Améliorer les transports en commun.
. Arrêter une politique de stationnement claire.
. Lancer une étude d’opportunité pour une ligne de tramway intercommunale.
. Accélérer la réalisation de la voie de contournement Nord-Ouest (V88) et de la bretelle d’accès A15/bd de l’Hautil.
. Développer l’usage des énergies propres pour les véhicules municipaux et les bâtiments publics.
Les remarques que nous avons portées sur le registre du commissaire enquêteur seront intégralement respectées pour la révision du PLU. Voir le document
Ce sont les principales mesures que nous prendrons. Nous portons en annexe les questions qui ont servi de base à notre atelier thématique sur ce sujet, et au dialogue que nous avons engagé avec les habitants. Voir document.
Pour comprendre la cohérence de nos choix, il convient de retracer les temps forts des débats qui ont concerné l'urbanisme: nos observations, servant de base à notre programme y sont scrupuleusement reportés.
1/ LE PROJET DE VILLE
Le projet de ville a été qualifié par la majorité aux affaires d'utopie. C'est lors du conseil municipal du 6 novembre 2003 qu'ont été officialisés les échanges entre les différents groupes poliques. A aucun moment le lien entre cette «idée de la ville» et les contraintes foncières qui devaient la concrétiser n’a été fait. Quelques remarques importantes :
a/ Le débat ne portait que sur un texte d’orientations, dont nous rappelons les faiblesses :
- Un diagnostic peu étayé;
- Une absence de réelle intégration à la stratégie d’aménagement urbain de l’agglomération : l'adoption du Plan Pluriannuel d'Investissemens (PPI) 2004/2009 de l'’agglomération est intervenu postérieurement;
- Une absence de précisions sur les rythmes d’aménagement et sur les équilibres internes à la ville;
- Une absence de traduction des impacts concernant le droit des sols.
b/ Un certain nombre de décisions très structurantes ont été prises avant que le débat public sur le Plan Local d'Urbanisme (PLU) soit véritablement engagé. On peut notamment citer:
- L’opération de requalification de la Croix-Petit;
- L’urbanisation massive du quartier de la gare de Cergy-le-Haut;
- La modification des ZAC de la Préfecture (quartier «Grand-Centre»), des Linandes…etc.
… Jusqu’au changement, plus anecdotique, de la dénomination des quartiers.
c/ Les contextes sociaux, économiques, institutionnels et budgétaires ont bougé. Sans être exhaustif, on ne peut passer sous silence:
- L’acte II de la décentralisation et ses impacts institutionnels et budgétaires,plusécemment la réforme de la taxe professionnelle et le débat sur la dette publique;
- Un contexte de concurrence qui s’exacerbe entre métropoles régionales (exemple:pôles de compétitivité);
-La question de la crise sociale avec ce que l’on a appelé la «crise des banlieues».
d/ Des interrogations, voire des réserves sur les premières déclinaisons concrètes du projet de Ville par la majorité:
- Sur l’exigence de «poursuivre avec détermination un projet ambitieux de développement urbain, économique et social», tout responsable s’accorde. Bien sûr, ilfaut relever le défi de l’équilibre social de notre ville;
- Mais cela doit signifier:
. la mise en place d’une politique du logement et de l’habitat au niveau de l’agglomération: qu’en est-il du PLH?
. la construction de logements, y compris de logements sociaux (la proportion de 15% est équilibrée), mais en préservant la logique de quartiers qui caractérise Cergy, en prévoyant parallèlement les services et les lieux de vie: le projet «Croix-Petit» et ce que l’on voit aux Hauts de Cergy n’est pas pour nous rassurer;
. des pratiques de démolition reconstruction qu’on ne saurait ériger en principe.
. une réelle volonté de tirer vers le haut Cergy en favorisant la mobilité au niveau de l’agglomération et l’apport de nouveaux habitants.
Oui, le développement urbain s’inscrit dans la dynamique de la ville. Mais Cergy est une ville paysage, une ville perspectives, une ville de quartiers, une ville d’anticipations…c’est ce qui fait sa force: la mode des immeubles «bord de rue», les espaces verts relégués au simple entretien minimal, les immeubles de grande hauteur qui cassent les espaces, les passerelles qui disparaissent… tout cela est-il en «harmonie» avec cette idée de la Ville? Bien évidemment, l’attractivité de CERGY passe par un développement de qualité, équilibré, solidaire et durable.Mais aujourd’hui peut-on dire que la gestion urbaine de proximité n'est ni efficace, ni réactive ;
- la propreté urbaine est encore insuffisante,
- l’accessibilité des équipements publics –malgré la charte Handicap- est imparfaite,
- la politique de services est incertaine: quid de l’articulation du projet des Gémeaux avec le réseau des mairies annexe? Quel maillage pour les équipements«petite enfance»? Quel service public de la Poste à Cergy le Haut?
On ne peut que s’étonner de la difficulté à prendre véritablement en compte les enjeux environnementaux:
- rappelons le débat difficile sur les exigences environnementales à prendre en considération pour le projet de la Croix-Petit,
- soulignons les retards pour mener les diagnostics énergétiques sur le patrimoine communal et la prise en compte tardive de la nécessité de veiller à son bon entretien...
Au delà la réflexion sur l’évolution des usages doit être menée.
Enfin, comment peut –on s’inscrire sans réserve dans un projet de Ville qui:
- passe sous silence les projets d’aménagement du quartier «Préfecture-Trois Fontaines»,
- ne traite pas réellement la question des entrées de Ville et principalement la zoneNord-Ouest «Puiseux-Mirapolis».
2–LE PROJET D’ AMENAGEMENT ET DE DEVELOPPEMENT DURABLE (PADD)
Le PADD constitue le socle du Plan Local d'Urbanisme (Plan Local d’urbanisme). C'est en fait un projet aux généralités «généreuses» mais au contenu inconsistant, au contour incertain… pour tout dire décevant. Ce projet appelle cinq griefs majeurs:
- le diagnostic fait toujours défaut;
- la documentation est soit absente, soit calamiteuse;
- le PADD est un catalogue d’intentions non hiérarchisées qui correspondent à un simple calque des items prévus par le code de l’urbanisme;
- les formulations sont parfois obscures et sujettes à des interprétations divergentes mis à part l’objectif de construire à concurrence de la proportion de 15% des logements sociaux, aucun objectif précis n’est énoncé;
- à aucun moment, il n’est fait de lien avec la gestion des espaces et des sols… On oublie qu’il s’agit du PLU à mettre en débat.
Alors, on ne peut que se poser la question: stratégie du «rideau de fumée» ou préparation insuffisante?
Nous faisons nôtres cinq propositions des Conseils Consultatifs de Quartiers:
- Accorder la primauté à la dimension humaine pour tous les Cergyssois en mettant l’accent sur les notions de proximité, par le maintien et le renforcement des services et activités commerciales dans les quartiers tout en affirmant les interdépendances entre quartiers et l’appartenance d’ensemble à la ville;
- Clarifier les orientations architecturales;
- Accentuer la mise en œuvre de la démarche HQE (haute qualité environnementale) dans les processus de construction et de réhabilitation;
- Proposer des orientations plus volontaristes pour les déplacements;
- Exiger une meilleure prise en compte des problèmatiques environnementales.
3/ LE PLAN LOCAL D ’URBANISME (PLU)
Le PLU remplace le Plan d’Occupation des Sols (POS), en ayant pour socle, rappelons-le, le Projet d'Aménagement et de Développement Durable (PADD). Et pourtant :
Mais où se cache donc le développement durable ? :
- rien sur les raccordements au chauffage urbain;
- le solaire toléré plus qu’encouragé;
- forte mansuétude pour l’assainissement privé;
- disparition de la plaine agricole des Linandes, zones projets de Port Cergy et de Ham: comment oser parler de développement de l’activité maraîchère!
- nuisances acoustiques évoquées uniquement en zone UC;
- normes d’isolation non précisées;
- antennes radioélectriques/téléphoniques évoquées uniquement sur le plan architectural pour deux zones. Quid des autres zones et surtout de l’aspect santé publique?
Toujours plus haut...
- la hauteur maximale pour les immeubles pourra doubler (5/6 étagesè11/12 étages, voire plus pour les «signes architecturaux»);
ainsi nous ne pouvons qu’être inquiets lorsqu’on lit: «les effets d’attique seront recherchés. Elles permettent de briser l’effet de hauteur et d’oppression des bâtiments»... : force est de constater que le choix de la hauteur et de la densité dépasse les Hauts de Cergy et le quartier Préfecture ( zones UC ) pour atteindre l’ensemble des quartiers de la ville.
- de plus, pour une partie significative du territoire disparaît la préservation des espaces verts (toutes zones UC). Il y aura donc des zones privilégiées et des zones sans espaces verts.
Toujours plus dense, y compris au Village, pour cause d’abandon du Coefficientd’Occupation des Sols (COS), au profit de l’Emprise au Sol, d’où la possibilité de construire plus pour un terrain donné.La surface minimale requise a été abaissée à300m2 et la façade minimale à 10m.Ce qui permet approximativement de doubler la SHON, avec tous les effets secondaires induits.
Toujours plus de problèmes de stationnement:
- les obligations faites aux promoteurs pour le stationnement résidentiel sont insuffisantes au regard des besoins d’aujourd’hui;
- il en est de même pour les parkings à proximité des bâtiments accueillant un nombreux public;
- sans compter les sérieuses restrictions pour les commerces;
- aucune norme n’est prévue pour les équipements scolaires, sanitaires et sociaux, culturels, cultuels, sportifs...
Le principe de réalité doit s’imposer face aux doctrinaires autophobes.
Toujours pas de recommandations architecturales, encore moins de normes de qualité : une nouvelle fois, mais où est donc le Développement Durable?
Toujours un niveau d’exigence insuffisant en matière de dissimulationdes réseaux téléphone, électricité ainsi que les antennes TV et autres paraboles.
Toujours pas de dispositions spécifiques pour les locaux poubelles : tri sélectif, accès direct depuis la voie publique.
Toujours pas de périmètre de la Base de Loisirs arrêté.
Et toujours des espaces verts qui risquent de ne plus l’être.
Et des modalités d’accès aux immeubles et aux places de stationnement pas toujours pertinentes pour les handicapés.
4/ LES ELEMENS CONCLUSIFS, des bases contestables, que nous contestons :
Des projets souvent disproportionnés, médiatisés dont les coûts s’envolent et les délais s’allongent (six mois à deux ans de retard).
Un goût immodéré pour la passation de marchés négociés suite à appels d’offres infructueux (non illégal, mais….).
Un mépris caractérisé pour le cadre de vie au quotidien: mauvais état des voiries, allées et trottoirs, éclairage public inefficace, propreté défaillante.
Une obsession discutable : reconstruire la ville.
Une propension à la densification confirmée par une volonté affichée au Schéma Directeurd’augmenter fortement le nombre d’habitants de l’agglomération: plus de 30.000 habitants dans 10 ans, alors qu’aujourd’hui la A15 est saturée, la Francilienne différée, la rocade amorcée, le RER surchargé, la mixité sociale non avérée, …
Une volonté peu affirmée en matière d’environnement.

